Des éclairs, de Jean Echenoz

janvier 29th, 2011

undefined Des éclairs, écrit et interprété par Jean Echenoz, est le troisième volet d’une trilogie, après Ravel et Courir (Editions de Minuit, 2006, 2008). Un très beau livre audio porté par le plaisir d’entendre l’auteur lire son propre texte.

 

Le personnage de Gregor (Nikola Tesla, de son vrai nom) est un ingénieur brillant, surdoué même, mais en lutte permanente et maladroite avec ses contemporains. C’est tout juste si, au tournant du XXe siècle, il sait s’accommoder de ces derniers pour le strict nécessaire : obtenir de l’argent quand il n’en a plus, trouver un atelier où mener à bien ses expériences en électricité, s’octroyer les faveurs d’un hôtelier new-yorkais compréhensif qui louera une chambre assez grande pour prendre en convalescence des pigeons blessés. Le reste du temps, Gregor mène une vie plutôt solitaire et ordonnée. Exactement comme Maurice Ravel, dans sa petite maison de poupée de Montfort-Lamaury. D’ailleurs, ces deux-là étaient contemporains. Peut-être se sont-ils rencontrés lors du séjour de Ravel aux Etats-Unis ? L’un et l’autre, avec le même malaise, ont tout de même fréquenté un certain nombre de dîner mondains… D’où ils sortaient déçus et bougons, pressés de reprendre le fil d’une invention ou  l’écriture d’une partition.

 

Il en va de même pour Emile Zatopek, coureur le plus rapide du monde. Lui aussi complètement autodidacte et faisant preuve d’un caractère peu commode et obstiné. Seul à son aise dans un couloir de terre battue à la courbe fidèle et parfaite. Sa silhouette dégingandée rendait ses trajectoires chaotiques et paradoxalement si efficaces. Emile toujours en lutte avec un corps mal foutu aurait peut-être apprécié la présence réconfortante de cet autre géant qu’était Gregor, ou du chétif Maurice Ravel que le corps malade a fait souffrir toute sa vie durant ?

 

Qu’importe qu’il s’agisse de musique, de marathon ou de savants brevets scientifiques, c’est avec la même tendresse méticuleuse que Jean Echenoz décrit des trajectoires de vies attachantes et par là-même toujours trop courtes.

 

Ecouter l’auteur lire son texte, dans le cas présent, est éclairant sur le choix des personnages qu’il évoque. Ce n’est pas toujours le cas, car certains auteurs plombent littéralement leur texte en essayant de les lire à voix haute. Ici, le ton et le rythme semblent au premier abord un peu raides. On avance à pas comptés dans des phrases parfaitement calibrées. Il n’y a pas dans la diction d’Echenoz l’aisance et la fantaisie dont certains comédiens — grands lecteurs — font preuve.

 

Mais ensuite, il faut se rendre à l’évidence. Cela sied parfaitement au propos. Les petites manies du lecteur/auteur entrent en résonance avec la mécanique du personnage de Gregor. On est tenté de deviner des points communs discrets entre l’écrivain et son personnage. On voit mal Echenoz mettre en mots des personnages truculents ou fantasques comme un W. Churchill, une M. Monroe ou encore un W.Allen. Trop d’excès, trop de folie et pas assez de règles dans ces trajectoires offrant pourtant un fort potentiel romanesque. Mais avec Ravel, Emile, et maintenant Gregor, la forme (littéraire) épouse parfaitement le fond (biographique) brillamment conjugués par l’auteur. La lecture d’Echenoz laisse en outre filtrer des particules d’émotion contenue, le temps d’une promenade au côté de ce compagnon qu’il a choisi de placer au rang de ses familiers. Une promenade trop courte, comme toujours lorsque l’on est en bonne compagnie.

 

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Des éclairs, de Jean Echenoz (Audiolib, 2010) 

Du jazz dans le fourgon

novembre 5th, 2010

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Ecoutez-Lire, la collection de livres audio de Gallimard sort ce mois-ci un excellent polar : La position du tireur couché, signé Jean-Patrick Manchette. (1 cd mp3, Ecoutez Lire, Gallimard, 21,90€)

 

Le début du roman >>> C’était l’hiver et il faisait nuit. Arrivant directement de l’Arctique, un vent glacé s’engouffrait dans la mer d’Irlande, balayait Liverpool, filait à travers la plaine du Cheshire (où les chats couchaient frileusement les oreilles en l’entendant ronfler dans la cheminée) et, par-delà la glace baissée, venait frapper les yeux de l’homme assis dans le petit fourgon Bedford. L’homme ne cillait pas. Il était grand mais pas vraiment massif, avec un visage calme, des yeux bleus, des cheveux bruns qui lui recouvraient juste le bord supérieur de l’oreille…

 

Cet homme, c’est Martin Terrier. Il a pratiqué pendant dix ans, avec une assiduité redoutable, le métier d’assassin. Et pourtant quelque chose en lui sonne clair, et séduit. L’étiquette de criminel lui sied mal, car un sursaut d’humanité aussi intense que tardif semble surgir de cet homme qui se sent rattrapé par les années.

Après avoir effectué avec sang froid et détermination ce qu’il considère comme sa dernière mission, son programme et simple : honorer une promesse qu’il a faite il y a dix ans à la femme de sa vie et renouer avec la vie, la vraie. Mais l’employeur de Martin Terrier, Mr. Cox ne l’entend pas de cette oreille. On ne renonce pas ainsi à une si bonne recrue.

L’intrigue, comme toujours chez Manchette, est sobre, sans artifice. Elle doit son efficacité à une écriture qui ne s’encombre pas du superflu, et va droit à l’os. C’est dans ce dépouillement que le personnage de Terrier prend tout son réalisme.

Le comédien Eric Elmosnino — vous le remettez ? C’est lui qui a interprété le rôle de Serge Gainsbourg, dans le film de Joann Sfar – est tout simplement excellent ! Sa lecture colle à la peau du personnage de Martin Terrier, en lui donnant juste ce qu’il faut d’obsession et de nonchalance.

Jean-Patrick Manchette était le premier à confier que son personnage était bête, indubitablement. Assez bête, en tout cas, pour pourchasser un amour d’adolescent rendu inaccessible par l’étanchéité des classes sociales. Mais de façon inattendue, l’assassin qu’il est se révèle être aussi un mélomane éclectique et cultivé. La musique est une seconde nature chez Martin Terrier, lubrifiant son cerveau et galvanisant ses sens, fidèle aux instants déterminants de sa vie. Qu’il soit dévoré par la peur, dans les bras d’une femme, ou pris dans un tourbillon de violence.

Dans le livre audio, la voix d’Eric Elmosnino est accompagnée d’une musique originale composée par Gilles Dimanche. Le saxo, la clarinette et des sons électro ponctuent l’intrigue de flashes musicaux bien trouvés. Avec en filigranes des sonorités familières : comme l’opéra italien, le jazz d’Arshee Shepp ou de Charlie Parker, la musique minimaliste des années 60 ou encore le sublimissime quatuor de la jeune fille et la mort, de Franz Schubert. J’adoooore !

Bref, la complicité du comédien Eric Elmosnino (qu’il continue ses lectures à voix haute, oui! oui!) et du compositeur Gilles Dimanche font de La position du tireur couché un excellent livre audio. Qui s’écoutera volontiers même si l’on a déjà lu le livre. Personnellement, je l’ai écouté en voiture. Génial les scènes d’attente en embuscade quand je grimpe dans ma voiture, à peine réveillée, et que le jour se lève mollement dans le brouillard des champs de maïs! Cela dit, si c’était à refaire, je choisirais peut-être un autre moment, car la tension et le suspens se marient assez mal avec le respect du code de la route. Bon, j’étais sur des petites routes de campagne. Mais gare aux inconditionnels de la conduite en ville!   ;-) 

 

Pour en savoir plus :

page wiki d’Eric Elmosnino : ici

le site de Gilles Dimanche : ici

www.gallimard.fr 

°oO Les villes tentaculaires d’Emile Verhaeren (suite)

mai 1st, 2009

Aujourd’hui, 1er mai, vous vous êtes levé à l’aube pour chausser vos bottes et aller fouiner dans la forêt la plus proche, en quête du muguet le plus beau, le plus parfumé. A moins que celui-ci ne pousse juste au coin de votre rue, sous un parasol de fortune planté dans le macadam pour l’occasion ? Y faire honneur est plus que louable en cette année qui risque bien d’être la dernière pour les apprentis-vendeurs sous le manteau. Eh oui, il paraît que le muguet est la propriété des fleuristes certifiés. En ces temps de manque à gagner, tout un chacun fait valoir ses droits. Soit, cela se conçoit. Mais les petits cueilleurs qui fleurissaient le pavé une fois l’an, c’était tout de même sympa, non ? 

Restons en ville, s’il vous plaît, avec ces quelques poèmes d’hier au goût d’aujourd’hui. 

Pour réaliser ces objets sonores,  deux comédiens ont accepté de se prêter au jeu de l’enregistrement en situation : Mélanie Menu et Bertrand Suarez-Pazos. Au programme donc, des balades urbaines authentiques, oreilles grandes ouvertes sur les bruits de microcosmes agglomérés : gares, rues, église, chantiers, tunnels désaffectés… 

Et pour arrondir les angles  et calmer les décibels, un ami musicien, Judikaël Mauffret, ajoute sa touche personnelle, rythmique et poétique.

Les villes tentaculaires ©2007 Boîte à SourdinesLa plaine  > Ecouter maintenant! 

L’âme de la ville > Ecouter maintenant!

Les promeneuses Ecouter maintenant! 

Toute la ville va vers le port > Ecouter maintenant!

Les cathédrales Ecouter maintenant! 

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undefined   Pour en savoir plus sur Judikaël Mauffret :  ici

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ACTU Bertrand Suarez-Pazos :  joue au théâtre, en ce moment.

A ne pas manquer !

 

> Voir la vidéo du spectacle

Texte et mise en scène : Bertrand Suarez-Pazos.

 

Avec : Aymeri, Thibault, Romans, Bertrand Suarez-Pazos, Vincent Gabard (piano)

 

Musique : Guillaume Poyet / Scénographie : Bruno de Lavenère / Lumières : Laurent Queyrut /  Son : Julien Thomas / Images : Nicolas Lelièvre / Assistante : Aude Suarez-Pazos / Collaboration artistique : Pascal Bekkar et Nicolas Fine / Costumes : Pascale Robin

 

 

du 11 au 14 mai au Centre Culturel de Beaulieu à Poitiers

 

 

 

Étant donné un mur, que se passe-t-il derrière ?

 

Jean Tardieu, Un mot pour un autre.

 

 

Derrière les murs est un spectacle pluridisciplinaire sur le thème de l’identité et de la quête de sens. C’est un voyage intérieur, une odyssée intime dans laquelle les personnages tentent de casser les cloisons des apparences et des appartenances, celles qui forment le dedans et le dehors, et que l’on se construit avec les pierres tombées d’autres murs.

 

 

L’objectif des personnages, qui tourne vite à l’obsession, est d’avancer, de trouver et de comprendre ce qui leur échappe en permanence et qui se situe « derrière les murs ». Mêlant théâtre, musique, acrobatie et nouvelles technologies, cette création réunit une fratrie de comédiens complices et complémentaires. Un jeu de miroirs et de vidéo-projection met le spectateur au cœur de l’illusion théâtrale.

 

 

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Informations/Réservations  au Théâtre Auditorium de Poitiers : 05-49-39-29-29

 

Contacts : compagniemobile@hotmail.fr – www.derrierelesmurs.fr

 

Administration – Sévole Brissaud : 06-86-12-21-45

 

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Juste avec les yeux

février 28th, 2009

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Racontars arctiques raffraîchissants

septembre 7th, 2008

Le Roi Oscar © Gaïa Editions, 2008

Le Roi Oscar et autres racontars, de Jørn Riel, lu par Dominique Pinon, éditions Gaïa. 14,50 €

On connaissait ces petits recueils racontant avec malice les aventures des chasseurs groenlandais. La vierge froide, un safari arctique… autant de titres aux noms évocateur et rythmés par la solitude, la peur de l’ours, la lutte contre le froid et l’alcool… préoccupations de ces hommes vivant au milieu de nulle part, loin de la civilisation occidentale.

Dominique Pinon, studio Piste rouge, mai 2008 © Gaïa Editions

Aujourd’hui, les éditions Gaïa publient un choix de quatre racontars lus par Dominique Pinon. Le comédien s’amuse, s’échauffe et rebondit d’une phrase à l’autre avec habileté et brio. Il nous emporte sous son manteau en peau de renne au creux de ces fjords immenses et blancs, où une poignée d’hommes incroyables eurent un jour l’audace de venir s’installer et affronter la nature.

Ecouter un extrait maintenant !

°oO Les villes tentaculaires d’Emile Verhaeren

septembre 7th, 2008

Les villes tentaculaires ©2007 Boîte à Sourdines Ecouter maintenant le 1er poème du cycle !

Voici un choix de poèmes extraits du cycle Les villes tentaculaires d’Emile Verhaeren

Pour réaliser cet objet sonore,  deux comédiens ont accepté de se prêter au jeu de l’enregistrement en situation : Mélanie Menu et Bertrand Suarez-Pazos. Au programme donc, des balades urbaines authentiques, oreilles grandes ouvertes sur les bruits de microcosmes agglomérés : gares, rues, église, chantiers, tunnels désaffectés… 

Et pour arrondir les angles  et calmer les décibels, un ami musicien, Judikaël Mauffret, ajoute sa petite touche personnelle.   1er poème : La plaine  > Ecouter maintenant! 

Fièvre

août 10th, 2008

Aujourd’hui, rien. Un jour sans. Un nuage dans chaque oreille. La fièvre qui tend son fil d’un tympan à l’autre. Fil conducteur incandescent qui zèbre le ciel des idées. Résistance active. Brûlure à rompre le souffle. Pause.Intempérie acoustique. Oscillation mono-stéréo. Oreille interne en roue libre. Le tambour de la machine à laver méconnaissable. Rappelle un train entendu du fond d’un lac. Serpent noir au dessus de la tête qui coupe en deux la surface éclaboussée de lumière.Je sors. Très peu. Parcequ’il faut. Haleine du vent dans l’impasse et souffle et s’immisce dans le conduit auditif brûlant. Choc thermique lent et douloureux. Court-circuit. Pause.Je ferme les yeux et j’écoute le sifflement continu du train déjà loin.Un dimanche pour rien. A attendre dans le brouillard. Demain les sons rassurants de la ville en travail ramèneront à la raison.

°oO° Silence! On tourne…

mai 9th, 2008

© 2007 Boîte à SourdinesChers auditeurs curieux qui n’avez pas résisté à la tentation du nénuphar bavard et bruissant, cet espace vous est réservé.Si vous ne connaissez pas encore la Boîte à Sourdines. Cliquez ici.Après une petite ballade sonore sur notre site, le blog de la Boîte à Sourdines vous donne la parole : critiques, éloges, suggestions, idée du siècle, encouragements, propositions (honnêtes)… N’hésitez pas ! Ce blog est là pour ça !Choisissez parmi les thèmes de conversations ci-contre. Pour chacun, vous avez la possibilité de vous exprimer grâce à la rubrique ‘Comments’.Vous pouvez retourner sur le site de la Boîte à Sourdines à tout moment en cliquant sur le Lien Principal.

Le phare des sirènes

mai 9th, 2008

Le phare des sirènes © Didier Jeunesse, 2007  Le phare des sirènes
  écrit par Rascal
  illustré par Régis Lejonc
  édition Didier Jeunesse 

Gardien de phare. Qui peut bien vouloir devenir gardien de phare ? Voici un grand livre magnifiquement illustré qui propose aux petits comme aux grands le parcours d’un homme qui a choisi ce métier aujourd’hui presque disparu. Michèle Moreau, directrice éditoriale et Régis Lejonc, illustrateur, nous racontent la naissance de ce livre.

 Ecouter le reportage maintenant!
  Audio © 2007 Boîte à Sourdines

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Autre lien sur le même sujet : Le phare de Porer 

Grand-amour

avril 13th, 2008

Arte Radio Logo Marguerite se confie. A 82 ans, elle a retrouvé le grand amour. Les deux vieux amants vivent une passion physique intense. Marguerite en parle à ses petites nièces dont l’une a 26 ans et cherche encore l’amour…

Si tu ne crois pas au prince charmant, passe ton chemin! 

 Où l’écouter ? www.arteradio.com> onglet DOCUMENTAIRE > onglet INTIMITE > ‘Grand-amour’

Tauromachie

mars 15th, 2008

Tauromachie © Boîte à Sourdines, 2008 Reportage sonore à venir !

Arènes de Toulouzette 15h30.Arènes couvertes de taille moyenne (une quarantaine de mètre de long pour une trentaine de large), peintes de blanc et de rouge. Les Chalossais sont au rendez-vous en ce samedi 8 mars. Public nombreux, sérieux et concentré peu enclin à l’applaudissement. Carnet en main chez certains pour inscrire les résultats des écarts. Ou béret de laine sombre solidement vissé sur la tête pour d’autres. Dans la tribune, assis bien droits en rangs serrés sur de petits coussins bariolés, les plus jeunes côtoient les plus âgés.Quelques essais de sonorisation permettent à l’animateur de se mettre en voix. Puis la fanfare pénètre dans l’arène par de grandes portes ouvertes à l’instant et derrière lesquelles on aperçoit de jeunes garçons en costumes brodés multicolores sautiller sur place en faisant de grands mouvements circulaires avec les bras.La marche cazérienne, ouverture musicale de circonstance, se répand dans l’arène à mesure que l’harmonie, à grand renfort de grosse caisse, fait son tour de piste. Et déjà on annonce le programme de la rencontre : six coursières de la Ganaderia Lassalle affronteront la Cuadrilla Guillaume Malet ! Francia, La chance, Vanina et d’autres encore sont les heureuses élues. Et l’on nomme en sus les généreux donateurs qui pour les uns ont donné trois sous à ce torero prometteur ou cinq sous pour l’élevage de la fougueuse vachette Vanina!Les jeunes toreros (écarteurs et sauteurs) entrent à leur tour dans l’arène, accompagnés des hommes en blancs. L’entraîneur et son second, ainsi qu’un vétéran (ancien torero) à qui l’on vouera le respect qu’il se doit et qui tient à présent le rôle délicat de cordier. Car oui, la vache est le plus souvent retenue par une corde. Element délicat destiné à maîtriser l’animal et favoriser son placement en bout d’arène avant chaque écart. Condition sine qua non pour une belle course en ligne droite vers le torero placé au centre de l’arène. Mais attention, la corde présente une menace permanente pour le torero qui au même titre que l’animal est susceptible de se faire piéger par ses méandres mouvants. Un noeud se forme autour du pied de l’écarteur et c’est la chute de l’homme qui devient instantanément la proie de l’animal cornu!Les toreros alignés au centre de l’arène saluent le public sous les applaudissements puis vont se placer à l’abri derrière de petits paravents en bois de 1,5 m, les refuges, situés à intervalles réguliers sur le pourtour de l’arène. La course va commencer.La course landaise est une des quatre tauromachies pratiquées dans le monde. Elle se distingue des trois autres par deux particularités. Contrairement aux trois autres (corrida, corrida portugaise et course camarguaise), elle se pratique quasi exclusivement avec des femelles (vaches landaises) et non des taureaux. L’autre particularité qu’elle partage avec la course camarguaise, c’est qu’il n’y a pas ici de mise à mort au cours de la course. Au contraire la course sert autant à révéler toutes les qualités du torero landais que de la vache qui, objet de tous les soins de la part de son ganadéro, aura l’occasion de participer à une vingtaine de courses par an et cela pendant 10 ans au moins.Etranges proportions que ces dix petites portes rouges qui s’alignent à l’extrémité de l’arène. Ramassées, trapues, elles sont à la fois trop basses et trop larges pour y laisser passer un homme. Une mince fente noire à l’extrémité supérieure de chacune laisse échapper une corde dont le surplus, posé en équilibre sur une traverse de béton est souplement enroulé sur lui même comme autant de refuges à serpent à sonnettes. Soudain un verrou est tiré, la porte s’ouvre sur le noir d’où émerge deux larges cornes. S’avançant d’abord lentement, le corps entier de l’animal sort de l’ombre et ébauche quelques pas affolés, ébloui par la lumière blanche qui tombe dans l’arène et excité par le son strident de l’harmonie qui attaque le chant du toreador de Bizet.L’animal peut courir à sa guise quelques instants puis l’entraîneur situé au plus près de l’animal tend la corde et incite la vache à venir se placer en bout de piste tout contre le refuge, en attentant l’appel de l’écarteur. L’entraîneur a un rôle primordial dans la “formation” des vaches nouvelles c’est lui qui doit leur apprendre à supporter la corde, il doit s’adapter au caractère différent de chaque vache.L’une est mince et longue, le poil de couleur caramel. Ses mouvements sont alertes mais elle paraît docile. Elle court vite lorsqu’elle se précipite sur le sauteur qui aura chaussé au préalable à ses pieds son béret rouge et noué autour de ses genoux sa cravate. Recroquevillé sur lui même, c’est au dernier instant que le sauteur se projette, sans élan, à 1,40m dans les airs pour un saut périlleux classique ou vrié au dessus de la coursière. Celle-ci n’y voit que du feu et poursuit sa course en ligne droite pendant encore quelques secondes… Et le jeune homme, après un rétablissement parfait dans un nuage de poussière ocre, salue prestement le jury installé dans la tribune.L’autre semble taillée dans le bronze par un Rodin mal embouché. Tenant plus du taureau viril que de la vachette affectueuse, s’il en existe, Vanina (c’est son nom) se rue à tout bout de champ et darde vers le tout venant une immense paire de cornes fuselées et large comme la porte de Saint-Sever. Impossible à maîtriser, elle charge a hue et a dia faisant monter la fièvre dans la Cuadrilla que la dangerosité de l’animal excite autant qu’elle inquiète.Un écarteur aux traits andalous s’avance. Il appelle a plusieurs reprises et avec vigueur l’animal retenu au bout de l’arène par la corde. Celui-ci écume et cogne du sabot le refuge contre lequel il est retenu. Au milieu de l’arène, le torero, doublé dans son ombre d’un deuxième homme chargé de faire diversion lors de l’écart, tasse la terre battue nerveusement. Soudain prêt, il claque vigoureusement des talons et émet dans le même temps un sifflement entre ses dents. C’est le signal pour l’entraîneur qui lâche la corde. Celle-ci se dévide à une vitesse folle tandis que Vanina exultante se précipite sur la cible tant convoitée.Suit un galop puissant et comme désordonné où les pattes arrière semblent prendre une direction différente des pattes avant, brouillant la charge de l’énorme vache noire. Le trouble du jeune torero est perceptible l’espace d’un instant et déjà l’animal est sur lui. Un coup de tête est donné pour le prendre, esquivé de justesse par l’écarteur qui laisse passer la vache au creux de ses reins. La figure est magnifique est suscite les applaudissements du public.Mais voilà, le côté choisi pour l’écart s’avère être le côté de la corde tendue par le cordier. La tentative du garçon pour échapper au noeud qui se resserre autour de sa jambe est vaine et le projette à terre. Est-ce les frémissements du public ? Les cacophonies soudaines chez les cuivres dont les yeux des musiciens ne suivent plus la partition depuis quelques mesures ? Est-ce encore la vibration saccadée de la corde fatale qui relie la victime à son bourreau ? Quoiqu’il en soit, le gros oeil rond de Vanina qui se détache soudain au dessus de son encolure comprend en un instant ce qui est en train de se jouer. La charge n’est pas moins violente que la précédente. Arrière train ramassé et tête basse, elle se précipite en faucheuse de jarret impitoyable. Le torero toujours prisonnier de ses liens se tient prostré à présent, trop exercé pour ne pas voir l’animal se précipiter sur lui. Les autres membres de la cuadrilla s’agitent comme de pantins bringueballés par le vent dans une vaine tentative de diversion. Puis c’est le choc. Le premier choc. Une corne glisse sournoisement sous la chaquetilla brodée du garçon.Un corps à corps aux injustes proportions s’engage. Le corps du garçon enlevé dans les airs avec la facilité d’une balle de paille est brutalement rabattu au sol. Les mouvements désordonnés de l’animal et de sa frêle proie resserrent à chaque instant les liens tissé par la corde. Celle-ci les tient désormais liés l’un à l’autre. Ce qui a pour effet d’exciter plus encore Vanina dont les sabots piétinent rageusement le sol et les pieds des autres toreros qui se sont précipités pour venir en aide à leur compagnon. Il faut de longues minutes à ces hommes mêlés pour immobiliser l’animal à terre. Longues minutes de silence dans le public qui observe, atterré. Un corps à corps en plan fixe qui n’en finit plus. Mélange de terre battue se collant aux vêtements et aux visages couverts de sueurs, de filets de salive rejetés par les coups de tête de l’animal paralysé au sol, haleine chaude et écoeurante de la bête sauvage et bribes de mots ahannés dans l’effort par les toreros pour tenter d’établir une solution de replis.Les hommes se retirent de la mêlée les uns après les autres, libérant d’abord l’écarteur blessé. Incroyable, celui-ci rampe vers le refuge situé à quelques coudées de là tandis que la vache se libère de la pression des hommes moins nombreux et relève son arrière train. Mais les cornes sont maintenues au sol jusqu’au dernier instant, permettant à tous les toreros de battre en retraite sans trop d’accrochages.Quelque minutes plus tard, à l’occasion d’un nouvel écart mal engagé, la même Vanina saisit l’opportunité de se jeter sur un des hommes en blanc pourtant placé dans un refuge. D’un saut, celle-ci cogne de sa tête (ou de son flanc ? comment savoir, cela a été si rapide…) la tête du jeune homme qui émergeait du panneau de bois.Celui tombe aussitôt évanoui derrière son paravent. La brutalité de la scène et le choc entendu ne laissent présager rien de bon. C’est seulement de longues minutes plus tard, lorsque la vache aura enfin réintégré sa loge, que les secours interviennent. Le blessé disparaît en coulisse et ne réapparaîtra pas dans l’arène. Qu’en est-il ? On ne le sait. Le présentateur n’en fera pas mention. La musique reprend déjà, la veste écorchée du torero aux traits andalous est raccommodée avec un sparadra de fortune et le pantalon blanc largement entaillé remplacé par un autre à l’identique.L’entracte permet d’épancher les émotions et commenter les évènements autour d’un verre de blanc limé servi sous les tilleuls, devant l’arène. Pourtant, pas de grands gestes ou signes évidents d’inquiétude de la part de ce public averti. Est-ce là la ‘routine’ de la course landaise ? Est-ce le destin auquel ne peuvent échapper ces beaux garçons fraîchement sortis des écoles taurines de la région ? En tous cas, il faut croire que nous sommes les seuls à faire pâle figure au sein de cette assemblée villageoise venue nombreuse honorer cette tradition de la course landaise.

Ecouter maintenant !

Le chien des Baskerville

janvier 12th, 2008

Le Chien des Baskerville © 2007 Boîte à Sourdines En librairie ! Lu par Bertrand Suarez-Pazos Musique originale de Gilles DimancheRéalisé par la Boîte à Sourdines “Le monde est plein des choses évidentes que personne ne remarque jamais.” Les circonstances dramatiques de la mort de Sir Charles ont réveillé le souvenir de la malédiction qui pèse sur la famille des Baskerville : en effet, dès que l’heure de la mort a sonné pour l’un deux, un démon lui apparaît sous la forme d’un chien monstrueux. Sherlock Holmes, mis au courant de l’affaire, envoie son fidèle compagnon, le docteur Watson, veiller sur Sir Henry Baskerville, dernier héritier de la famille, tandis que lui-même, décidé à faire la lumière sur cette énigme, mène son enquête à l’insu de tous… Audio © 2007 Boîte à SourdinesEcouter un extrait maintenant !  Texte intégral ou abrégé : Version abrégée - Nombre de CD : 3 CD - Durée d’écoute : env. 3 h 40 mn - Prix de vente conseillé : 22 euros

°Oo° Dialogue de sourdes

octobre 28th, 2007

Elle sont trois et beaucoup de choses à se dire.’Consensuel’ n’est pas vraiment le maître mot.

”Kiki.-Kouak?
-kiki.
-Kouak!
-Ki…
-KOUAK!!
-K..kouink…ki-ki-kouink.
-Ki-kouink? Kouak-kouak!
-Kikikikikiki!
-…kouink.” 

Et puis parmi les trois demoiselles, vient se greffer un intrus discret et un peu désarçonné par le débat. Mais qui est-ce ?  

Petite oieEcouter maintenant!

Rencontre avec Magali de Jonckheere

juillet 22nd, 2007

Magali de Jonckheere © 2007 Boîte à Sourdines Voici quelques confidences dispensées par un auteur que nous aimons beaucoup et qui par deux fois déjà nous a confié ses textes. Jamais deux sans trois ?

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Micro © 2007 Boîte à SourdinesLa Boîte à Sourdines : Magali de Jonckheere, dans votre recueil de nouvelles Cité des Lilas comme dans votre pièce de théâtre Pieds nus dans ma tête, une place importante est donnée au ‘Je’. Le monologue apparaît comme une forme privilégiée. La parole est directement donnée à chaque personnage et permet au lecteur d’entrer immédiatement dans son intimité, sa psychologie.
Est-ce une volonté de donner la parole, par la fiction, à des figures qui dans la vie réelle restent souvent en retrait, enfermées dans une forme de solitude ou de banalité apparente? Une manière de rétablir un certain équilibre?

Plume © 2007 Boîte à SourdinesMagali de Jonckheere : Le monologue est pour moi la forme d’écriture la plus instinctive. J’ai l’image d’un personnage, un prénom ou une ébauche et je m’applique à le laisser parler. Je sais rarement comment va se terminer son récit. Je préfère dans un premier temps laisser mon personnage s’inventer lui-même, simplement tendre l’oreille et retranscrire. Et effectivement, la plupart de mes protagonistes sont des gens un peu “à part”. J’aime écrire ce qui se passe dans leur tête. Mais ce ne sont pas des “fous”. Ce sont des gens qui à un moment, ont basculé ou se sont légèrement décalés. Le personnage de Noémie dans Pieds nus dans ma tête s’est retranché dans sa tête pour ne plus avoir à affronter la vraie vie. C’est une idée ou un fantasme qui m’a souvent effleuré et je pense ne pas être la seule.

Micro © 2007 Boîte à SourdinesBaSS : On décèle également une ambiguïté autour de l’âge des personnages. Les plus jeunes font souvent preuve d’une maturité étonnante, tandis qu’on retrouve parfois chez les aînés une certaine innocence ou une inclination au rêve qui évoque l’enfance. Pour reprendre les termes de François Rollin qui a mis en scène votre pièce, Pieds Nus dans ma tête, son héroïne, Noémie est une ‘petite-grande fille’ bringuebalée par la vie…

Plume © 2007 Boîte à SourdinesMdJ : Je suis toujours étonnée qu’un adulte puisse ne plus se souvenir de son enfance. J’ai pour ma part l’impression constante de trimballer cette petite fille de dix ans et d’essayer de lui apprendre à vivre dans ce corps et cette vie d’adulte. Alors le fait qu’un enfant possède plus de clés qu’un adulte me semble assez logique. Il n’a pas encore à batailler pour se donner et donner aux autres l’illusion d’être une grande personne accomplie.

Micro © 2007 Boîte à SourdinesBaSS : Quelle place est laissée à l’autobiographie dans le personnage de Noémie ?

Plume © 2007 Boîte à SourdinesMdJ : Les premiers écrits de Pieds nus dans ma tête ont dans un premier temps été complètement autobiographiques. Il fallait que j’écrive pour me “débarrasser”. Et quand je me suis sentie plus “légère”, je me suis dit que toutes ces pages pouvaient peut-être constituer un monologue à interpréter. Mais pour que le jeu existe, il fallait créer une distance suffisante entre le récit et moi. Et c’est là qu’est apparue Noémie la postière. J’ai gardé l’esprit de cette femme-enfant, quelques anecdotes, et je lui ai inventé sa propre vie.
La première version du texte s’appelait Je voudrais être folle. Alors Noémie, c’est un peu moi si j’avais eu cette capacité à m’envoler.

Micro © 2007 Boîte à SourdinesBaSS : Que représente l’écriture pour vous? Un témoignage, un acte de foi, une certaine forme d’évasion? Est-ce qu’écrire permet de faire place nette et retrouver une certaine innocence? Tout comme l’enfant pour qui la fiction et la réalité sont intimement liés? Petit, il ne voit pas encore cette ligne de démarcation qui s’opacifie en grandissant. Ecrire c’est gommer cette ligne rouge ou jouer avec?

Plume © 2007 Boîte à Sourdines MdJ : C’est avant tout un équilibre. Je me suis mise à écrire pour me créer des rôles. Je crois que je ne serais plus comédienne aujourd’hui si je n’avais pas l’écriture. Même quand je ne travaille pas en tant que comédienne, j’ai toujours un projet d’écriture en cours, ce qui me permet de mieux gérer ce vide. Et puis c’est exaltant de donner vie à toutes sortes de personnages.
L’écriture permet d’être “dieu”. C’est un boulot assez grisant!

Micro © 2007 Boîte à SourdinesBaSS : Pieds Nus dans ma tête, c’est une voix qui raconte, mais c’est également un dialogue avec la musique, l’accordéon. Quelle place tient-elle? Pour quelles raisons décide-t-on d’ajouter un contrepoint musical à son texte?

Plume © 2007 Boîte à SourdinesMdJ : Au moment de l’écriture de Pieds nus…, je ne connaissais pas Frédéric Daverio. Et je n’imaginais pas mettre de la musique sur mon texte. Mais quand j’ai écouté ses compositions à l’accordéon, j’ai trouvé son univers tellement fort et poétique que j’ai pensé qu’un dialogue entre nos deux mondes serait sûrement intéressant. Et par chance, il l’a pensé également!
Dès le début, nous avons souhaité que la musique ne soit pas simplement une illustration sonore, mais réellement un contrepoint au texte. Frédéric interprète un personnage à part entière et réprésente la petite voix, le garde-fou de Noémie. C’était également la vision de François Rollin qui a mis en scène ce spectacle à deux personnages.

Micro © 2007 Boîte à SourdinesBaSS : En 2007, la Boîte à Sourdines enregistre pour la première fois votre recueil intitulé Cité des Lilas. A vos côtés, des comédiens s’emparent du texte et le modèlent, l’interprètent à leur manière. Comment vit-on cette expérience de l’enregistrement sonore et de la mise en son d’un texte qui jusqu’alors était resté soigneusement rangé à l’abri des regards?

Plume © 2007 Boîte à SourdinesMdJ : C’est très émouvant. J’avais forcément en tête une façon, un rythme, une musicalité pour chacun des textes et avais un peu peur d’être “trahie”. Mais en découvrant les différentes interprétations, j’ai eu l’impression de les découvrir pour la première fois. On entend des choses auxquelles on n’avait pas pensé et on se laisse surprendre. C’est comme recevoir un cadeau qui se met à marcher tout seul!

Micro © 2007 Boîte à SourdinesBaSS : Un mot à ajouter? Des projets?

Plume © 2007 Boîte à SourdinesMdJ : Bravo et merci pour ce joli site.
Quant aux projets, je serai au théâtre Mouffetard à partir du mois d’octobre dans “Le petit songe d’un nuit d’été” de Stéphanie Tesson par la compagnie du midi, dans le “Malade imaginaire” de Molière à partir de janvier au Théâtre de la porte Saint-Martin, et je travaille sur un autre monologue, pour un homme cette fois, ainsi que sur une comédie à quatre personnages, qui je l’espère seront bientôt interprétés.

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Ecouter les textes de Magali de Jonckheere :

Pieds Nus dans ma tête © 2007 Boîte à Sourdines

Pieds nus dans ma tête

Ecrit et interprété par Magali de Jonckheere
Musique originale de Frédéric Daverio
Réalisation : Boîte à Sourdines

“Je prends un bain. C’est un luxe de se réveiller le matin, de faire couler l’eau dans la baignoire et d’y plonger le chat femelle.”

‘Un duo d’écriture contemporaine, texte et musique, pour une ballade touchante et troublante dans le cerveau tourmenté d’une petite-grande fille écartelée entre deux siècles’. François Rollin.

Audio © 2007 Boîte à Sourdines
Ecouter maintenant !

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Cité des Lilas © 2007 Boîte à Sourdines

Cité des Lilas

Lu par Magali de Jonckheere, Alexandre Borras, Valérie Decobert, Guillaume Ségouin & Juliette.
Musique composée et interprétée par Frédéric Daverio.
Prise de son et habillage sonore : La Boîte à Sourdines

Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ?
C’est un garçon réservé. Il s’appelle Venceslas.
Ca m’est venu comme ça. A la maternité.

Dix témoignages cinglants, d’hommes, de femmes et d’enfants vivants au coeur d’une cité urbaine. Au gré des confidences, l’écran presque opaque de la violence et de la souffrance s’estompe et révèle que la poésie et le rêve ne sont jamais loin.

Audio © 2007 Boîte à Sourdines
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°Oo La fête foraine muselée

juillet 20th, 2007

Chevaux de bois Etrange sensation que la traversée de la fête foraine du jardin des Tuileries qui se déroule à Paris durant tout l’été.

Grande vierge blanche articulée qui domine de son anneau satiné musée du Louvre, pyramides et bien au-delà. Train fantôme rafistolé, toboggans ondulants, auto-tamponneuses et manèges à sensations. Flashes polychromes qui rebondissent à l’infini dans les palais des glaces et gerbes d’eau jetées par surprise sur les enfants galopants. Déferlantes de wagonnets furieux et tourbillons de visages déformés par la frayeur et l’excitation. La fête foraine du jardin des Tuileries est un carnaval pour les yeux qu’embaument les vapeurs sucrées en provenance des marchands de gaufres et de barbes à papa.

Et pourtant, à mesure que l’on avance dans la poussière de cette grande allée, le malaise s’installe. Un manque grandit. On veut se perdre complètement dans la féerie de ce lieu improbable en plein coeur d’une grande ville. Oublier l’agitation des voitures qui se poursuivent sur le ruban noirci par les gaz d’échappement de la rue de Rivoli. Mais quelque chose ne fonctionne pas. La bande-son est saturée. Saturée des bruits de la ville qui enserrent la fête foraine dans son étau et du vrombissement des générateurs électriques qui alimentent ce microcosme motorisé des manèges modernes.

L’orgue de barbarie du carrousel s’est tu. La ronde silencieuse des manèges est cadencée par le brouhaha concentrique de moteurs qui résonne depuis la place de la concorde, les peluches à bouches cousues oscillent au bout de leur ficelle en suivant le balancement des deux-tons de cars de flics. Les enfants ficelés comme des rôtis rebondissent sur les trampolines et se cambrent à chaque nouveau coup de klaxon. Les chocs des auto-tamponneuses se confondent avec le claquement des portières et des colis des camions qu’on décharge. Du haut de ses deux mètres, l’avion rouge biplace en carton-pâte mêle son vol à celui des long-courriers qui zèbrent le ciel de la capitale.

“Allez, Mesdames, Messieurs, on tente sa chance.”, “2 euros les trois tirs.” “Deux buts et c’est gagné!” “Prenez place! Départ dans quelques minutes!”. Les micros grésillants et les voix nasillardes des forains se sont tus. Pourtant prêt à délivrer un ticket à qui donnera sa pièce, chacun est à son poste dans sa calougeotte mais porte derrière un sourire immuable le bâillon invisible asséné par quelque arrêté préfectoral.

La fête foraine au coeur de Paris pour tout l’été. La mairie de Paris voit grand et ne compte pas. Une fois de plus. C’est la fête foraine pour tous, mais sans le son. Il s’agit de respecter les riverains et les passants. En tous cas, ceux que le mugissement quotidien de la ville n’a pas encore rendus sourds. Non vraiment, qu’on ne vienne pas se plaindre, une ribanbelle d’attractions est juste là, à portée de main et avec une poignée d’euros, la sensation forte est à nous.
Tant pis pour le rêve et la féerie distillées dans l’incroyable faufilure des chansons disco, pulsations techno, voix de marchands, mélodies surranées de carrousels et ritournelles électroniques de jeux vidéos. Sans musique la foire du jardin des Tuilerie a la saveur d’un pain sans sel. D’un bon film de Carné sans la musique d’un Jaubert. C’est la jubilation d’un coureur du Tour de France sur un vélo d’appartement. Le plaisir du farniente brûlant sur une plage en été sans la mer pour se baigner.

La foire du jardin des Tuileries à Paris se goûte, se respire et se regarde mais ne s’écoute pas. Qu’on se le dise. Le tintement clair des pièces de monnaie résonne peut-être dans les machines à sous. Mais à quoi bon l’écouter? L’important c’est de gagner.

    © 2007 Boîte à Sourdines

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Madame Bovary

juillet 15th, 2007

Madame Bovary © 2007 Boîte à Sourdines

De Gustave Flaubert
Lu par Marie-Céline Tuvache
Musique Originale & Réalisation par la Boîte à Sourdines

“Emma songeait quelquefois que c’étaient là pourtant les plus beaux jours de sa vie, la lune de miel, comme on disait. Pour en goûter la douceur, il eut fallu, sans doute, s’en aller vers ces pays à noms sonores où les lendemains de mariages ont de plus suaves paresses.”

En 1856, Gustave Flaubert écrit son premier roman, Madame Bovary. Avec l’art du verrier confectionnant un vitrail, il place les verres colorés, déformants ou filtrants de ses phrases entre le lecteur et le monde. Ce monde “gris” de la Normandie paysanne et bourgeoise encore vierge de toute évocation romanesque est traversé par Emma Bovary ainsi qu’un cortège de personnages aux esprits étriqués et destins blêmes.
A l’occasion de sa première édition, le roman suscite un tollé inattendu. On s’arrache le livre dès sa publication alors même que l’auteur gravit les marches du tribunal pour assister au procès qui lui est intenté pour “délits d’outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes moeurs”.

La première partie (9 chapitres) est déjà en ligne. La seconde partie ne saurait tarder. Patience !!

Audio © 2007 Boîte à Sourdines
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‘Psychoses’

juillet 15th, 2007

Arte Radio Logo Le micro est posé sur un bureau, tout juste à équidistance entre un psy et son patient. Les mots fusent souvent comme des balles, inattendus, incisifs et percutants. Parfois aussi émis dans un souffle, lents, retenus.

Ce moment d’échange, dont on se fait le témoin discret, est rythmé par des bruits quotidiens : des ouvriers qui rénovent la façade de l’immeuble, en passant par la sonnerie guillerette du téléphone sans fil du psy ou celle plus ringarde de la sonnette de l’entrée qui retentit quand la fin du rendez-vous s’annonce.

Sans le regard pour juger, l’on découvre ces personnages fragiles par le filtre mince de leurs propres mots, par l’expression directe de leur ressenti, leurs émotions & leur vécu.

Un mot d’humour ou un éclat de rire viennent souvent balayer les confidences trop lourdes. Instants de détente nécessaires auquels le psy ne se prive pas de répondre généreusement tout en proposant un petit café.

La série s’écoute en cinq volets qui présentent sucessivement :
1- Agathe
2- Bruno
3- Bertrand
4- Trois patients
5- Un reportage au service des urgences psychiatriques de Sainte-Anne 

Où l’écouter ?www.arteradio.com> onglet SERIES > onglet SERIES DOCUMENTAIRE > ‘Psychoses’ 

A écouter tranquillement, bien installé sur son divan ;o)

Micro-Anniversaire (mais chut!)

juillet 10th, 2007

© 2007 Boîte à Sourdines °0o Très sérieusement, il n’est pas question de verser sa petite larme alors que la Boîte à Sourdines peut tout juste se vanter d’être en ligne depuis deux mois. Sans non plus parler d’anniversaire (ça serait ridicule, avouons-le!), on peut tout de même se réjouir que vous soyez déjà 11 000 (soit 20 460 oreilles*) à être venus nous rendre visite.

Chapeau bas donc à Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs qui êtes venus visiter la Boîte à Sourdines. Avec un salut tout particulier aux internautes francophones vivants aux quatre points cardinaux. Ils sont très très nombreux et assidus! Nous serions d’ailleurs ravis de recevoir des textes québécois, suisses, belges ou encore d’Outre Mer. Cela ouvrirait de nouveaux horizons à notre bibliothèque sonore.

La Boîte à Sourdines va continuer à grandir au cours des semaines et mois à venir. Vos remarques et vos suggestions sont donc vivement attendues pour que nous restions à la hauteur de vos attentes :).

*chiffre statistique tenant compte des 7% des Français souffrant de déficience auditive

Le livre audio que vous avez toujours voulu entendre…

juillet 10th, 2007

© 2007 Boîte à Sourdines °Oo Et voilà c’est chose faite : nous ouvrons une liste de Livres Audio Potentiels.

Depuis la création du site, vous êtes nombreux à nous faire part de vos idées de textes. Et encore plus nombreux à nous envoyer vos propres écrits. On adore ça et on en redemande ! Alors glissez ici vos idées pour qu’à l’occasion des prochains enregistrements, la Boîte à Sourdines puisse vous les piquer!

Avant de vous lancer, il faut simplement penser que les textes doivent être libres de droits. Donc :

  • l’auteur est mort avant 1937 et son texte est écrit en langue française
  • l’auteur est contemporain et son texte n’est pas encore édité

    Pour vous éviter l’angoisse de la page blanche, voici déjà quelques idées suggérées par certains d’entre-vous. Vous pouvez réagir ou compléter la liste :

    - Une journée d’un journaliste américain de Jules Verne

    - Les nouvelles aventures de Sherlock Holmes

    - La légende des siècles de Victor Hugo

    - Les infortunes de la vertu du Marquis de Sade

    - Le bréviaire des politiciens de Mazarin

    - Trois contes de Flaubert

    - …

  • Pieds nus dans ma tête

    juillet 10th, 2007

    Pieds nus dans ma tête © 2007 Boîte à Sourdines
    Ecrit et interprété par Magali de Jonckheere
    Musique originale de Frédéric Daverio
    Réalisation : Boîte à Sourdines

    “Je prends un bain. C’est un luxe de se réveiller le matin, de faire couler l’eau dans la baignoire et d’y plonger le chat femelle.”

    ‘Un duo d’écriture contemporaine, texte et musique, pour une ballade touchante et troublante dans le cerveau tourmenté d’une petite-grande fille écartelée entre deux siècles’. François Rollin.

    Audio © 2007 Boîte à Sourdines
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    Litanie du sommeil

    juillet 10th, 2007

    Litanie du sommeil © 2007 Boîte à Sourdines

    De Tristan Corbière
    Lu par Bertrand Suarez-Pazos
    Habillage sonore et réalisation : la Boîte à Sourdines

    “Vous qui ronflez au coin d’une épouse endormie,
    Ruminant ! savez-vous ce soupir : l’Insomnie ? (…)
    Sommeil ! écoute-moi : je parlerai bien bas :
    Sommeil — Ciel-de-lit de ceux qui n’en ont pas !”

    Litanie du sommeil est un des poèmes phares de Raccrocs, cycle de poèmes extrait des Amours Jaunes (1873) écrit par Tristan Corbière.

    Aux yeux des surréalistes, les Amours Jaunes - et Litanie du sommeil au premier chef – passe pour le premier exemple d’écriture automatique. Tristan Corbière « se laisse porter par la vague des mots qui, en dehors de toute direction consciente, expire chaque seconde à notre oreille et à laquelle le commun des hommes oppose la digue du sens immédiat » (André Breton, Anthologie de l’humour noir, 1940)

    Cette forme d’écriture à la fois charpentée et libre, où les images surgissent, se superposent et s’entrechoquent, rend admirablement l’onirisme et le flou inhérents à l’évocation du sommeil.
    En visionnaire, le poète se plonge dans la noirceur béante de l’inconscient et tente d’objectiver les sensations, les images qu’il y décèle. Par la suite, les poètes n’auront de cesse d’approfondir cette question : Illuminations de Rimbaud, Maldoror de Lautréamont, Breton, Eluard, Prévert…

    Audio © 2007 Boîte à Sourdines
    Ecouter le poème
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    Cité des Lilas

    juillet 10th, 2007

    Cité des Lilas © 2007 Boîte à Sourdines

    De Magali de Jonckheere
    Lu par Magali de Jonckheere, Alexandre Borras, Valérie Decobert, Guillaume Ségouin & Juliette.
    Musique composée et interprétée par Frédéric Daverio.
    Prise de son et habillage sonore : La Boîte à Sourdines

    Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ?
    C’est un garçon réservé. Il s’appelle Venceslas.
    Ca m’est venu comme ça. A la maternité.

    Dix témoignages cinglants, d’hommes, de femmes et d’enfants vivants au coeur d’une cité urbaine. Au gré des confidences, l’écran presque opaque de la violence et de la souffrance s’estompe et révèle que la poésie et le rêve ne sont jamais loin.

    Edith Monsaigneur - le cordon
    Jospeh Pil - le gnouf
    Noémie Plouf – calendrier
    Barnabé Leleu – ça gratte
    Lily Deletoile – la chasse à la sauterelle
    Maguy Mag – réincarnation
    Robert Dessonge – rien senti
    Jennifer Carroux – l’âge bête
    Jérôme Vaucher – tic tac
    Annie Ponte – vos rêves méritent le meilleur prix !

    Audio © 2007 Boîte à Sourdines
    Ecouter le livre audio
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    Un livre audio introuvable…

    juillet 10th, 2007

    © 2007 Boîte à SourdinesJe lance un avis de recherche car j’ai découvert il y a quelques semaines l’existence de l’enregistrement de Morphine de Boulgakov, lu par… Philippe Léotard. Je dis bien Philippe, pas François.
    Il a une voix d’enfer qui mieux que personne incarne le personnage phare de ce court roman. Un jeune médecin russe qui au travers de son journal, raconte son long nauffrage dans la drogue.

    Bon, on le connaissait déjà pour ses films ou même ses chansons. Mais ici, Philippe Léotard se dévoile sous un jour nouveau. Sa lecture est simple, sobre, et pourtant ! Tout y est, on est happé par le texte.

    Le livre audio, publié chez Philips, est épuisé. Impossible de le trouver en librairie. Et quel désarroi quand il a fallu que j’aille reporter à reculons l’exemplaire emprunté dans une médiathèque…

    Alors je lance un appel : si vous trouvez un libraire ou un disquaire (malheureusement c’est une espèce en voie de disparition…) qui aurait un petit stock de ce livre audio ou un détenteur bienheureux qui souhaiterait s’en séparer, jetez-vous dessus sans hésiter ! C’est une heure de délice à la clé. Et puis faites-nous signe… pour qu’on soit nombreux à en profiter! :)