Archive for juillet, 2007

Rencontre avec Magali de Jonckheere

Dimanche, juillet 22nd, 2007

Magali de Jonckheere © 2007 Boîte à Sourdines Voici quelques confidences dispensées par un auteur que nous aimons beaucoup et qui par deux fois déjà nous a confié ses textes. Jamais deux sans trois ?

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Micro © 2007 Boîte à SourdinesLa Boîte à Sourdines : Magali de Jonckheere, dans votre recueil de nouvelles Cité des Lilas comme dans votre pièce de théâtre Pieds nus dans ma tête, une place importante est donnée au ‘Je’. Le monologue apparaît comme une forme privilégiée. La parole est directement donnée à chaque personnage et permet au lecteur d’entrer immédiatement dans son intimité, sa psychologie.
Est-ce une volonté de donner la parole, par la fiction, à des figures qui dans la vie réelle restent souvent en retrait, enfermées dans une forme de solitude ou de banalité apparente? Une manière de rétablir un certain équilibre?

Plume © 2007 Boîte à SourdinesMagali de Jonckheere : Le monologue est pour moi la forme d’écriture la plus instinctive. J’ai l’image d’un personnage, un prénom ou une ébauche et je m’applique à le laisser parler. Je sais rarement comment va se terminer son récit. Je préfère dans un premier temps laisser mon personnage s’inventer lui-même, simplement tendre l’oreille et retranscrire. Et effectivement, la plupart de mes protagonistes sont des gens un peu “à part”. J’aime écrire ce qui se passe dans leur tête. Mais ce ne sont pas des “fous”. Ce sont des gens qui à un moment, ont basculé ou se sont légèrement décalés. Le personnage de Noémie dans Pieds nus dans ma tête s’est retranché dans sa tête pour ne plus avoir à affronter la vraie vie. C’est une idée ou un fantasme qui m’a souvent effleuré et je pense ne pas être la seule.

Micro © 2007 Boîte à SourdinesBaSS : On décèle également une ambiguïté autour de l’âge des personnages. Les plus jeunes font souvent preuve d’une maturité étonnante, tandis qu’on retrouve parfois chez les aînés une certaine innocence ou une inclination au rêve qui évoque l’enfance. Pour reprendre les termes de François Rollin qui a mis en scène votre pièce, Pieds Nus dans ma tête, son héroïne, Noémie est une ‘petite-grande fille’ bringuebalée par la vie…

Plume © 2007 Boîte à SourdinesMdJ : Je suis toujours étonnée qu’un adulte puisse ne plus se souvenir de son enfance. J’ai pour ma part l’impression constante de trimballer cette petite fille de dix ans et d’essayer de lui apprendre à vivre dans ce corps et cette vie d’adulte. Alors le fait qu’un enfant possède plus de clés qu’un adulte me semble assez logique. Il n’a pas encore à batailler pour se donner et donner aux autres l’illusion d’être une grande personne accomplie.

Micro © 2007 Boîte à SourdinesBaSS : Quelle place est laissée à l’autobiographie dans le personnage de Noémie ?

Plume © 2007 Boîte à SourdinesMdJ : Les premiers écrits de Pieds nus dans ma tête ont dans un premier temps été complètement autobiographiques. Il fallait que j’écrive pour me “débarrasser”. Et quand je me suis sentie plus “légère”, je me suis dit que toutes ces pages pouvaient peut-être constituer un monologue à interpréter. Mais pour que le jeu existe, il fallait créer une distance suffisante entre le récit et moi. Et c’est là qu’est apparue Noémie la postière. J’ai gardé l’esprit de cette femme-enfant, quelques anecdotes, et je lui ai inventé sa propre vie.
La première version du texte s’appelait Je voudrais être folle. Alors Noémie, c’est un peu moi si j’avais eu cette capacité à m’envoler.

Micro © 2007 Boîte à SourdinesBaSS : Que représente l’écriture pour vous? Un témoignage, un acte de foi, une certaine forme d’évasion? Est-ce qu’écrire permet de faire place nette et retrouver une certaine innocence? Tout comme l’enfant pour qui la fiction et la réalité sont intimement liés? Petit, il ne voit pas encore cette ligne de démarcation qui s’opacifie en grandissant. Ecrire c’est gommer cette ligne rouge ou jouer avec?

Plume © 2007 Boîte à Sourdines MdJ : C’est avant tout un équilibre. Je me suis mise à écrire pour me créer des rôles. Je crois que je ne serais plus comédienne aujourd’hui si je n’avais pas l’écriture. Même quand je ne travaille pas en tant que comédienne, j’ai toujours un projet d’écriture en cours, ce qui me permet de mieux gérer ce vide. Et puis c’est exaltant de donner vie à toutes sortes de personnages.
L’écriture permet d’être “dieu”. C’est un boulot assez grisant!

Micro © 2007 Boîte à SourdinesBaSS : Pieds Nus dans ma tête, c’est une voix qui raconte, mais c’est également un dialogue avec la musique, l’accordéon. Quelle place tient-elle? Pour quelles raisons décide-t-on d’ajouter un contrepoint musical à son texte?

Plume © 2007 Boîte à SourdinesMdJ : Au moment de l’écriture de Pieds nus…, je ne connaissais pas Frédéric Daverio. Et je n’imaginais pas mettre de la musique sur mon texte. Mais quand j’ai écouté ses compositions à l’accordéon, j’ai trouvé son univers tellement fort et poétique que j’ai pensé qu’un dialogue entre nos deux mondes serait sûrement intéressant. Et par chance, il l’a pensé également!
Dès le début, nous avons souhaité que la musique ne soit pas simplement une illustration sonore, mais réellement un contrepoint au texte. Frédéric interprète un personnage à part entière et réprésente la petite voix, le garde-fou de Noémie. C’était également la vision de François Rollin qui a mis en scène ce spectacle à deux personnages.

Micro © 2007 Boîte à SourdinesBaSS : En 2007, la Boîte à Sourdines enregistre pour la première fois votre recueil intitulé Cité des Lilas. A vos côtés, des comédiens s’emparent du texte et le modèlent, l’interprètent à leur manière. Comment vit-on cette expérience de l’enregistrement sonore et de la mise en son d’un texte qui jusqu’alors était resté soigneusement rangé à l’abri des regards?

Plume © 2007 Boîte à SourdinesMdJ : C’est très émouvant. J’avais forcément en tête une façon, un rythme, une musicalité pour chacun des textes et avais un peu peur d’être “trahie”. Mais en découvrant les différentes interprétations, j’ai eu l’impression de les découvrir pour la première fois. On entend des choses auxquelles on n’avait pas pensé et on se laisse surprendre. C’est comme recevoir un cadeau qui se met à marcher tout seul!

Micro © 2007 Boîte à SourdinesBaSS : Un mot à ajouter? Des projets?

Plume © 2007 Boîte à SourdinesMdJ : Bravo et merci pour ce joli site.
Quant aux projets, je serai au théâtre Mouffetard à partir du mois d’octobre dans “Le petit songe d’un nuit d’été” de Stéphanie Tesson par la compagnie du midi, dans le “Malade imaginaire” de Molière à partir de janvier au Théâtre de la porte Saint-Martin, et je travaille sur un autre monologue, pour un homme cette fois, ainsi que sur une comédie à quatre personnages, qui je l’espère seront bientôt interprétés.

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Ecouter les textes de Magali de Jonckheere :

Pieds Nus dans ma tête © 2007 Boîte à Sourdines

Pieds nus dans ma tête

Ecrit et interprété par Magali de Jonckheere
Musique originale de Frédéric Daverio
Réalisation : Boîte à Sourdines

“Je prends un bain. C’est un luxe de se réveiller le matin, de faire couler l’eau dans la baignoire et d’y plonger le chat femelle.”

‘Un duo d’écriture contemporaine, texte et musique, pour une ballade touchante et troublante dans le cerveau tourmenté d’une petite-grande fille écartelée entre deux siècles’. François Rollin.

Audio © 2007 Boîte à Sourdines
Ecouter maintenant !

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Cité des Lilas © 2007 Boîte à Sourdines

Cité des Lilas

Lu par Magali de Jonckheere, Alexandre Borras, Valérie Decobert, Guillaume Ségouin & Juliette.
Musique composée et interprétée par Frédéric Daverio.
Prise de son et habillage sonore : La Boîte à Sourdines

Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ?
C’est un garçon réservé. Il s’appelle Venceslas.
Ca m’est venu comme ça. A la maternité.

Dix témoignages cinglants, d’hommes, de femmes et d’enfants vivants au coeur d’une cité urbaine. Au gré des confidences, l’écran presque opaque de la violence et de la souffrance s’estompe et révèle que la poésie et le rêve ne sont jamais loin.

Audio © 2007 Boîte à Sourdines
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maintenant !

°Oo La fête foraine muselée

Vendredi, juillet 20th, 2007

Chevaux de bois Etrange sensation que la traversée de la fête foraine du jardin des Tuileries qui se déroule à Paris durant tout l’été.

Grande vierge blanche articulée qui domine de son anneau satiné musée du Louvre, pyramides et bien au-delà. Train fantôme rafistolé, toboggans ondulants, auto-tamponneuses et manèges à sensations. Flashes polychromes qui rebondissent à l’infini dans les palais des glaces et gerbes d’eau jetées par surprise sur les enfants galopants. Déferlantes de wagonnets furieux et tourbillons de visages déformés par la frayeur et l’excitation. La fête foraine du jardin des Tuileries est un carnaval pour les yeux qu’embaument les vapeurs sucrées en provenance des marchands de gaufres et de barbes à papa.

Et pourtant, à mesure que l’on avance dans la poussière de cette grande allée, le malaise s’installe. Un manque grandit. On veut se perdre complètement dans la féerie de ce lieu improbable en plein coeur d’une grande ville. Oublier l’agitation des voitures qui se poursuivent sur le ruban noirci par les gaz d’échappement de la rue de Rivoli. Mais quelque chose ne fonctionne pas. La bande-son est saturée. Saturée des bruits de la ville qui enserrent la fête foraine dans son étau et du vrombissement des générateurs électriques qui alimentent ce microcosme motorisé des manèges modernes.

L’orgue de barbarie du carrousel s’est tu. La ronde silencieuse des manèges est cadencée par le brouhaha concentrique de moteurs qui résonne depuis la place de la concorde, les peluches à bouches cousues oscillent au bout de leur ficelle en suivant le balancement des deux-tons de cars de flics. Les enfants ficelés comme des rôtis rebondissent sur les trampolines et se cambrent à chaque nouveau coup de klaxon. Les chocs des auto-tamponneuses se confondent avec le claquement des portières et des colis des camions qu’on décharge. Du haut de ses deux mètres, l’avion rouge biplace en carton-pâte mêle son vol à celui des long-courriers qui zèbrent le ciel de la capitale.

“Allez, Mesdames, Messieurs, on tente sa chance.”, “2 euros les trois tirs.” “Deux buts et c’est gagné!” “Prenez place! Départ dans quelques minutes!”. Les micros grésillants et les voix nasillardes des forains se sont tus. Pourtant prêt à délivrer un ticket à qui donnera sa pièce, chacun est à son poste dans sa calougeotte mais porte derrière un sourire immuable le bâillon invisible asséné par quelque arrêté préfectoral.

La fête foraine au coeur de Paris pour tout l’été. La mairie de Paris voit grand et ne compte pas. Une fois de plus. C’est la fête foraine pour tous, mais sans le son. Il s’agit de respecter les riverains et les passants. En tous cas, ceux que le mugissement quotidien de la ville n’a pas encore rendus sourds. Non vraiment, qu’on ne vienne pas se plaindre, une ribanbelle d’attractions est juste là, à portée de main et avec une poignée d’euros, la sensation forte est à nous.
Tant pis pour le rêve et la féerie distillées dans l’incroyable faufilure des chansons disco, pulsations techno, voix de marchands, mélodies surranées de carrousels et ritournelles électroniques de jeux vidéos. Sans musique la foire du jardin des Tuilerie a la saveur d’un pain sans sel. D’un bon film de Carné sans la musique d’un Jaubert. C’est la jubilation d’un coureur du Tour de France sur un vélo d’appartement. Le plaisir du farniente brûlant sur une plage en été sans la mer pour se baigner.

La foire du jardin des Tuileries à Paris se goûte, se respire et se regarde mais ne s’écoute pas. Qu’on se le dise. Le tintement clair des pièces de monnaie résonne peut-être dans les machines à sous. Mais à quoi bon l’écouter? L’important c’est de gagner.

    © 2007 Boîte à Sourdines

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Madame Bovary

Dimanche, juillet 15th, 2007

Madame Bovary © 2007 Boîte à Sourdines

De Gustave Flaubert
Lu par Marie-Céline Tuvache
Musique Originale & Réalisation par la Boîte à Sourdines

“Emma songeait quelquefois que c’étaient là pourtant les plus beaux jours de sa vie, la lune de miel, comme on disait. Pour en goûter la douceur, il eut fallu, sans doute, s’en aller vers ces pays à noms sonores où les lendemains de mariages ont de plus suaves paresses.”

En 1856, Gustave Flaubert écrit son premier roman, Madame Bovary. Avec l’art du verrier confectionnant un vitrail, il place les verres colorés, déformants ou filtrants de ses phrases entre le lecteur et le monde. Ce monde “gris” de la Normandie paysanne et bourgeoise encore vierge de toute évocation romanesque est traversé par Emma Bovary ainsi qu’un cortège de personnages aux esprits étriqués et destins blêmes.
A l’occasion de sa première édition, le roman suscite un tollé inattendu. On s’arrache le livre dès sa publication alors même que l’auteur gravit les marches du tribunal pour assister au procès qui lui est intenté pour “délits d’outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes moeurs”.

La première partie (9 chapitres) est déjà en ligne. La seconde partie ne saurait tarder. Patience !!

Audio © 2007 Boîte à Sourdines
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‘Psychoses’

Dimanche, juillet 15th, 2007

Arte Radio Logo Le micro est posé sur un bureau, tout juste à équidistance entre un psy et son patient. Les mots fusent souvent comme des balles, inattendus, incisifs et percutants. Parfois aussi émis dans un souffle, lents, retenus.

Ce moment d’échange, dont on se fait le témoin discret, est rythmé par des bruits quotidiens : des ouvriers qui rénovent la façade de l’immeuble, en passant par la sonnerie guillerette du téléphone sans fil du psy ou celle plus ringarde de la sonnette de l’entrée qui retentit quand la fin du rendez-vous s’annonce.

Sans le regard pour juger, l’on découvre ces personnages fragiles par le filtre mince de leurs propres mots, par l’expression directe de leur ressenti, leurs émotions & leur vécu.

Un mot d’humour ou un éclat de rire viennent souvent balayer les confidences trop lourdes. Instants de détente nécessaires auquels le psy ne se prive pas de répondre généreusement tout en proposant un petit café.

La série s’écoute en cinq volets qui présentent sucessivement :
1- Agathe
2- Bruno
3- Bertrand
4- Trois patients
5- Un reportage au service des urgences psychiatriques de Sainte-Anne 

Où l’écouter ?www.arteradio.com> onglet SERIES > onglet SERIES DOCUMENTAIRE > ‘Psychoses’ 

A écouter tranquillement, bien installé sur son divan ;o)

Micro-Anniversaire (mais chut!)

Mardi, juillet 10th, 2007

© 2007 Boîte à Sourdines °0o Très sérieusement, il n’est pas question de verser sa petite larme alors que la Boîte à Sourdines peut tout juste se vanter d’être en ligne depuis deux mois. Sans non plus parler d’anniversaire (ça serait ridicule, avouons-le!), on peut tout de même se réjouir que vous soyez déjà 11 000 (soit 20 460 oreilles*) à être venus nous rendre visite.

Chapeau bas donc à Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs qui êtes venus visiter la Boîte à Sourdines. Avec un salut tout particulier aux internautes francophones vivants aux quatre points cardinaux. Ils sont très très nombreux et assidus! Nous serions d’ailleurs ravis de recevoir des textes québécois, suisses, belges ou encore d’Outre Mer. Cela ouvrirait de nouveaux horizons à notre bibliothèque sonore.

La Boîte à Sourdines va continuer à grandir au cours des semaines et mois à venir. Vos remarques et vos suggestions sont donc vivement attendues pour que nous restions à la hauteur de vos attentes :).

*chiffre statistique tenant compte des 7% des Français souffrant de déficience auditive

Le livre audio que vous avez toujours voulu entendre…

Mardi, juillet 10th, 2007

© 2007 Boîte à Sourdines °Oo Et voilà c’est chose faite : nous ouvrons une liste de Livres Audio Potentiels.

Depuis la création du site, vous êtes nombreux à nous faire part de vos idées de textes. Et encore plus nombreux à nous envoyer vos propres écrits. On adore ça et on en redemande ! Alors glissez ici vos idées pour qu’à l’occasion des prochains enregistrements, la Boîte à Sourdines puisse vous les piquer!

Avant de vous lancer, il faut simplement penser que les textes doivent être libres de droits. Donc :

  • l’auteur est mort avant 1937 et son texte est écrit en langue française
  • l’auteur est contemporain et son texte n’est pas encore édité

    Pour vous éviter l’angoisse de la page blanche, voici déjà quelques idées suggérées par certains d’entre-vous. Vous pouvez réagir ou compléter la liste :

    - Une journée d’un journaliste américain de Jules Verne

    - Les nouvelles aventures de Sherlock Holmes

    - La légende des siècles de Victor Hugo

    - Les infortunes de la vertu du Marquis de Sade

    - Le bréviaire des politiciens de Mazarin

    - Trois contes de Flaubert

    - …

  • Pieds nus dans ma tête

    Mardi, juillet 10th, 2007

    Pieds nus dans ma tête © 2007 Boîte à Sourdines
    Ecrit et interprété par Magali de Jonckheere
    Musique originale de Frédéric Daverio
    Réalisation : Boîte à Sourdines

    “Je prends un bain. C’est un luxe de se réveiller le matin, de faire couler l’eau dans la baignoire et d’y plonger le chat femelle.”

    ‘Un duo d’écriture contemporaine, texte et musique, pour une ballade touchante et troublante dans le cerveau tourmenté d’une petite-grande fille écartelée entre deux siècles’. François Rollin.

    Audio © 2007 Boîte à Sourdines
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    Litanie du sommeil

    Mardi, juillet 10th, 2007

    Litanie du sommeil © 2007 Boîte à Sourdines

    De Tristan Corbière
    Lu par Bertrand Suarez-Pazos
    Habillage sonore et réalisation : la Boîte à Sourdines

    “Vous qui ronflez au coin d’une épouse endormie,
    Ruminant ! savez-vous ce soupir : l’Insomnie ? (…)
    Sommeil ! écoute-moi : je parlerai bien bas :
    Sommeil — Ciel-de-lit de ceux qui n’en ont pas !”

    Litanie du sommeil est un des poèmes phares de Raccrocs, cycle de poèmes extrait des Amours Jaunes (1873) écrit par Tristan Corbière.

    Aux yeux des surréalistes, les Amours Jaunes - et Litanie du sommeil au premier chef – passe pour le premier exemple d’écriture automatique. Tristan Corbière « se laisse porter par la vague des mots qui, en dehors de toute direction consciente, expire chaque seconde à notre oreille et à laquelle le commun des hommes oppose la digue du sens immédiat » (André Breton, Anthologie de l’humour noir, 1940)

    Cette forme d’écriture à la fois charpentée et libre, où les images surgissent, se superposent et s’entrechoquent, rend admirablement l’onirisme et le flou inhérents à l’évocation du sommeil.
    En visionnaire, le poète se plonge dans la noirceur béante de l’inconscient et tente d’objectiver les sensations, les images qu’il y décèle. Par la suite, les poètes n’auront de cesse d’approfondir cette question : Illuminations de Rimbaud, Maldoror de Lautréamont, Breton, Eluard, Prévert…

    Audio © 2007 Boîte à Sourdines
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    Cité des Lilas

    Mardi, juillet 10th, 2007

    Cité des Lilas © 2007 Boîte à Sourdines

    De Magali de Jonckheere
    Lu par Magali de Jonckheere, Alexandre Borras, Valérie Decobert, Guillaume Ségouin & Juliette.
    Musique composée et interprétée par Frédéric Daverio.
    Prise de son et habillage sonore : La Boîte à Sourdines

    Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ?
    C’est un garçon réservé. Il s’appelle Venceslas.
    Ca m’est venu comme ça. A la maternité.

    Dix témoignages cinglants, d’hommes, de femmes et d’enfants vivants au coeur d’une cité urbaine. Au gré des confidences, l’écran presque opaque de la violence et de la souffrance s’estompe et révèle que la poésie et le rêve ne sont jamais loin.

    Edith Monsaigneur - le cordon
    Jospeh Pil - le gnouf
    Noémie Plouf – calendrier
    Barnabé Leleu – ça gratte
    Lily Deletoile – la chasse à la sauterelle
    Maguy Mag – réincarnation
    Robert Dessonge – rien senti
    Jennifer Carroux – l’âge bête
    Jérôme Vaucher – tic tac
    Annie Ponte – vos rêves méritent le meilleur prix !

    Audio © 2007 Boîte à Sourdines
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    Un livre audio introuvable…

    Mardi, juillet 10th, 2007

    © 2007 Boîte à SourdinesJe lance un avis de recherche car j’ai découvert il y a quelques semaines l’existence de l’enregistrement de Morphine de Boulgakov, lu par… Philippe Léotard. Je dis bien Philippe, pas François.
    Il a une voix d’enfer qui mieux que personne incarne le personnage phare de ce court roman. Un jeune médecin russe qui au travers de son journal, raconte son long nauffrage dans la drogue.

    Bon, on le connaissait déjà pour ses films ou même ses chansons. Mais ici, Philippe Léotard se dévoile sous un jour nouveau. Sa lecture est simple, sobre, et pourtant ! Tout y est, on est happé par le texte.

    Le livre audio, publié chez Philips, est épuisé. Impossible de le trouver en librairie. Et quel désarroi quand il a fallu que j’aille reporter à reculons l’exemplaire emprunté dans une médiathèque…

    Alors je lance un appel : si vous trouvez un libraire ou un disquaire (malheureusement c’est une espèce en voie de disparition…) qui aurait un petit stock de ce livre audio ou un détenteur bienheureux qui souhaiterait s’en séparer, jetez-vous dessus sans hésiter ! C’est une heure de délice à la clé. Et puis faites-nous signe… pour qu’on soit nombreux à en profiter! :)