Fièvre

Aujourd’hui, rien. Un jour sans. Un nuage dans chaque oreille. La fièvre qui tend son fil d’un tympan à l’autre. Fil conducteur incandescent qui zèbre le ciel des idées. Résistance active. Brûlure à rompre le souffle. Pause.Intempérie acoustique. Oscillation mono-stéréo. Oreille interne en roue libre. Le tambour de la machine à laver méconnaissable. Rappelle un train entendu du fond d’un lac. Serpent noir au dessus de la tête qui coupe en deux la surface éclaboussée de lumière.Je sors. Très peu. Parcequ’il faut. Haleine du vent dans l’impasse et souffle et s’immisce dans le conduit auditif brûlant. Choc thermique lent et douloureux. Court-circuit. Pause.Je ferme les yeux et j’écoute le sifflement continu du train déjà loin.Un dimanche pour rien. A attendre dans le brouillard. Demain les sons rassurants de la ville en travail ramèneront à la raison.

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